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Pensées...

03 Fév 2008 


La pensée du jour est plutôt une sorte de coup de gueule ou de coup de crocs. Je voudrais la consacrer à tous les gens qui, dans notre entourage à un mon moment  donné, piquent une colère noire, ont l’humeur qui fait des sauts périlleux, ou encore qui explosent littéralement. Or vous me direz, en quoi cela nous regarde après tout, leur humeur c’est leur problème, pas le notre. Assurément, mais le problème justement, c’est que ce pétage de plombs, cette explosion thermonucléaire se fait à nos dépends, parce que comme par hasard nous sommes les seuls à nous trouver là, à ce moment. Une fois que la crise explosive est passée et qu’on ramasse ses organes liquéfiés balancés contre le mur, comment fait-on pour s’en remettre ? Suffit-il que la personne qui a implosée s’excuse ou y a-t-il des points de non retour et des mots qui balafrent à jamais le cœur ? 

Si la question se pose, c’est parce qu’il n’y a rien de pire que de se sentir évalué, jugé pesé et condamné sans avoir la possibilité d’opposer une défense comme dans tout procès hors période révolutionnaire (c’est-à-dire qu’avec une guillotine sur la place publique, on est beaucoup moins respectueux des droits). La personne qui explose et vous traite de tous les noms d’oiseau (expression humaine bien étrange, dans la mesure où le mot « mésange » par exemple n’est pas franchement l’insulte la plus violente) parce qu’elle a eu une sale journée ou parce qu’elle est jalouse, malheureuse ou, pire parce qu’elle s’imagine que vous l’avez trahie, se sert de vous pour déverser son venin. Alors elle se vide, vomissant des horreurs pas toujours très cohérentes, se drapant dans des grands mots tels que «  amour, amitié, trahison », sans se préoccuper trop de leur sens. On se croirait au milieu d’une scène d’une mauvaise pièce de théâtre, dans laquelle l’acteur jette à la figure du spectateur des tirades vides de sens du genre de « je croyais que tu étais mon amie ! Je me suis trompée ! Je ne veux plus t’entendre ni te parler ! ». Comme si elle nous laissait la possibilité d’en placer une ! La tempête la grise, elle se déverse contre vous et se déchaîne. Au fur et à mesure que les hématomes apparaissent sur votre cœur, sa bile se tarit et elle respire, à présent soulagée d’avoir rétabli sa vérité. Elle a dit ce qu’elle avait à dire, elle existe à cet instant, elle se justifie. Comme elle parait grandie ainsi, elle qui n’a pas eu peur de vous hurler dessus ses plus horribles reproches ! Peu importe à la fin, ce qui compte, c’est qu’elle puisse se repaître de l’idée qu’elle se fait de la franchise.
 

Foutaises que tout ceci !  Ce n’est ni plus ni moins qu’un plaisir en solo, une sorte de masturbation intellectuelle qui consiste à utiliser un support pour déverser sa rage et sa frustration, sous couvert d’une pseudo mise au point. Mais que vous soyez, vous, la victime ou bien un ficus, ce serait la même chose. Car ce n’est pas réellement vous qu’elle condamne et exécute de sa lourde et hystérique sentence, vous n’êtes que le prétexte et non le but. 
 

Et après que se passe-t-il ? Quand la déflagration a eu lieu et que la salve de balles vous a atteint ? C’est comme un coup au ventre, le sang descend dans les organes avec la rapidité d’un jumbo jet sans pilote aux commandes. Vous troquez votre joli teint de pêche (merci Lancôme) pour un teint de cadavre en décomposition (merci resident evil). Mais après l’abattement, vient la révolte. Parce qu’après tout, le pétage de plombs vous a condamné sans même que vous ayez eu votre mot à dire ! Depuis quand les gens peuvent-ils s’ériger en tyran et en dictateur sans prendre le risque d’une vraie révolte ? De quel droit leur susceptibilité et leur colère seraient-elles plus importantes que les votres ? C’est là que vous décidez de reprendre le crachoir sanglant et que vous vous défendez, à juste titre, puisque les coups de colère et les explosions d’humeur sont rarement rationnels. 
 

Or, ça change tout car notre agresseur se rend tout à coup compte que la chose chiffonnée, sur laquelle il vient de tirer, est une personne avec un cœur et des sentiments. Et là, c’est beaucoup moins facile de tirer à vue sur un être humain, c’était bien plus simple quand on avait l’impression de s’adresser à un ficus. Voici donc l’arroseur qui se trouve arrosé. C’est à ce moment que la plupart réalisent qu’ils ont peut-être dépassé les bornes, qu’ils ont peut-être été un peu vite en jugement et que la sentence a peut-être été exécutée avec une légère pointe de violence en trop. Mais l’émotion est a vif, parce qu’en attendant, c’est votre cœur qu’on a mis en pièces sans trop s’inquiéter de la taille des morceaux. 

 
En général, c’est le moment où tombent les premières excuses ou, tout au moins, que la personne qui vient de vous traiter de tous les noms fait marche arrière et se radoucit. Elle balbutie des «  je ne sais pas …je ne sais plus où j’en suis… mets-toi à ma place … j’avais des raisons d’être en colère … ». Si on a un peu de chance, on a le droit à de pseudo excuses noyées dans de pathétiques circonstances mises en avant pour se dédouaner. Si on a moins de chance, la personne cesse de hurler, vous écoute enfin vous défendre et fait comme si la crise n’avait ensuite jamais eu lieu entre vous. Elle vous englue dans une gentillesse post apocalyptique, comme si cette mièvrerie soudaine allait anesthésier votre douleur et votre tristesse. 

Car le nœud du problème, c’est bien ça : peut-on pardonner aussi facilement ce genre de débordement agressif ? Doit-on toujours tout encaisser, sous le prétexte que l’autre a eu besoin de péter les plombs à un moment et vous en a mis plein la figure ? Ou bien le peut-on tout simplement ? Personnellement et, sans doute parce que les chats sont incroyablement rancuniers, je pense que débordement ou pas, pétage de plombs ou pas, il y a des mots qui font autant de mal qu’un coup de poignard. La blessure, si elle avait été faite par ce genre d’arme, laisserait des traces, une cicatrice, alors pourquoi devrait-on oublier des mots ? Ce n’est pas parce qu’on fait semblant qu’il n’y a pas eu d’altercation, que cela implique qu’il n’y a jamais eu d’altercation. 
 

Alors je fais l’éloge de la rancune et, au risque de choquer certains philosophes qui parleraient de rédemption de l’âme et de sérénité, moi je dis que chaque coup qu’on donne a une répercussion et que chacun d’entre nous a son seuil de tolérance concernant l’encaissement des coups. On a beau faire des sourires et s’excuser, il n’existe pas de remède miracle pour effacer la tristesse et la douleur.
 
 A tous ceux qui pensent que des excuses suffisent toujours, à tous ceux qui se disent qu’en faisant comme si de rien n’était, le temps allait tout effacer, je feule qu’ils rêvent et que le cœur n’a pas la mémoire d’un poisson rouge !  

Et à tous ceux qui culpabilisent parce qu’ils n’arrivent pas à pardonner, malgré toute leur humanité et leur bonne volonté, je dis qu’ils peuvent se regarder dans la glace et en se concentrant un peu, alors ils verront sur leur poitrine les traces des coups portés. Un blessé ne culpabilise pas d’avoir mal, alors ne culpabilisez pas de penser vos plaies avec l’âme qui est la votre !

Le chat · 267 vues · 5 commentaires
Catégories: les pensées du chat
29 Jan 2008 


Mmmmmmmmmmmmmmiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaa
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaooooooooooooooooooooowwwww
wwwwwwwwwwwwwwwww …

Mmmaow ! Mamawwwow, Moaw.

P.S pour les Hommes : Non mais vous n'avez quand même pas cru que j'allais perdre mon temps à essayer de vous expliquer quelque chose d'aussi important et essentiel en langage humain ?

Le chat · 325 vues · 7 commentaires
Catégories: les pensées du chat
24 Jan 2008 


Il y a des quêtes spirituelles dont on ne soupçonnerait pas l'existence. Quand on parle des richesses des Templiers, du Saint Graal, de l'Atlantide ou de la longueur effective du nez de Cléopâtre, on pense automatiquement à une sorte de sacerdoce, d'envolée lyrique et spirituelle qui consacrerait l'âme à la quête d'un précieux don ou d'un trésor rare. Mais quand on parle de trouver des exercices physiques pour perdre des kilos en trop, la charge spirituelle et le progrès de l'âme ne sont pas forcément des notions qui coulent immédiatement de source. Or c'est en cela que vous vous trompez  ! En ce début de siècle, la quête de la machine miracle qui dévorera vos capitons (que les humains appellent poétiquement la peau d'orange, alors que ça ne fait pas de jus et que ça ne se mange pas), du mouvement du corps révolutionnaire qui vous fera passer votre silhouette de la bouteille d'orangina à une élégante flutte de champagne, a tous les airs de la nouvelle quête en vogue, la seule qui sauvera votre âme  !  

Vous me direz, les Hommes ont une bien drôle de façon de faire évoluer leur foi. Il est loin le temps où l'humain priait son dieu dans sa petite caverne de bien vouloir faire pipi assez fort sur la terre pour arroser les récoltes ou de parlementer quotas avec le syndicat des bêtes -bonnes à manger- de sorte que tout le monde puisse survivre à l'hiver. A présent, les nouvelles divinités sacralisent un étrange bien–être que certaines mauvaises langues rappeuses, telles que la mienne, pourraient taxer de superficiel. Car, au milieu de la graisse nécessaire et des ratios poids/taille/âge/magasine de mode, on se demande où se trouve l'âme et le cœur ?
 

Alors puisqu'il faut bien vivre avec la croisade de son temps, mettons-nous à la page et entrons dans la chevalerie dédiée à l'amincissement, dressons l'étendard du fitness et entrons dans l'ordre du cours de gym adapté  ! 
 

Comme toute quête, il faut un support. J'aurai trouvé élégant de reparler de la table ronde, d'autant qu'en plus on peut la recycler en support à buffet par exemple, mais ma maîtresse n'a aucun humour dès qu'il s'agit de sa lutte contre la prise de poids. Soit, passons sur la table ronde en pierre millénaire qui aurait pourtant été du plus bel effet à côté de mon écran plat de télévision…ok, de son écran plat de télévision, mais en même temps elle ne peut pas se lancer dans une quête et passer sa journée devant la télé, moi si  ! Bref, les nouveaux archanges de cette religion du corps parfait ont tout prévu parce que les archanges, c'est censé aider les pratiquants et leur venir en aide (Sodome et Gomorrhe, c'est un mauvais exemple, passons). Ils ont donc à cœur de sortir, tous les six mois, des DVD qui vous permettent de pratiquer votre foi à coup de prières rythmées sur de la musique techno sur laquelle s'excitent des paroissiens en drôles de préservatifs colorés qui leur recouvrent tout le corps.  Qu'à cela ne tienne  ! Un DVD, c'est quand même plus facile à obtenir que l'Arche d'alliance quand on ne s'appelle pas Indiana Jones. Je glisse donc l'idée dans la cervelle d'oiseau mort de ma maîtresse et là voilà qui surfe sur internet pour trouver son Graal à elle, son DVD miracle qui la transformera en flutte à champagne. 
 

Or moi qui pensais, comme d'habitude, lui rendre un grand service et éclairer sa vie de ma salutaire lumière, je me suis aperçu que la voie de l'accessoirisation sportive était semée d'embûches. Pauvres petites créatures à neuf vies, vous avez dû penser, comme moi, qu'il suffisait de rechercher le premier DVD de fitness pour obtenir un DVD de fitness et bien non  ! Vous tombez sur un cours de streaptease et là c'est le drame  ! Non parce que, passe encore que votre propriétaire vous cache la vue du dernier épisode de Heroes à intervalles irréguliers de ses levés de jambes poussifs et vous plombe la charge émotionnelle d'une révélation du Docteur House par un " Ah j'en peux, plus je vais mourir  ! !", mais si en plus il vous balance ses vêtements à la truffe, là je dis stop  !
 

Je m'explique : quand on tape une recherche pour obtenir un DVD de stepp (sorte de marche en plastique sur laquelle on sautille, oui je sais mais que voulez-vous je ne peux pas régler tous les problèmes de santé mentale des êtres humains non plus) ou de fitness (la même chose, mais sans la marche en plastique et avec un préservatif en nylon sur le corps), vous tombez systématiquement sur le mode d'emploi du streaptease par Carmen Elektra. Alors pour ceux d'entre vous qui ignorent qui est Carmen Elektra, c'est-à-dire qui sont privés de télévision, c'est une des protagonistes de la série culte alerte à Malibu, dont la particularité est de pouvoir faire tenir une canette de bière sur ses seins gonflés au silicone. Je la soupçonne de pouvoir faire tenir plein d'autres choses dessus, mais ce n'est pas le cœur de notre sujet (et non c'est tentant, mais un coup de griffe n'a jamais fait exploser le coussinet de silicone, c'est une légende urbaine !). Alors que vous pensiez sauver les cuisses flasques de votre maîtresse et, surtout la faire cesser de se lamenter deux minutes afin de pouvoir suivre Prison break tranquille, là voilà soudain suspendue et dubitative devant Miss -j'ai les seins qui tiennent le maillot et non l'inverse- qui vous explique comment recycler la chaise de la cuisine en sex toy. Si jamais elle commence à regarder d'un air lubrique votre arbre à chat alors là mes amis, réagissez  ! Jetez-vous sur le DVD et passez-le à la moulinette de vos griffes pour enfin commander un DVD "le jeune en dix leçons  : pourquoi manger c'est mal quand on veut parler à Dieu". 
 

Bon alors on se ressaisit et on retape sur son moteur de recherches  : DVD "gym pour les nuls, aérobic pour crevette asthmatique, exercices physiques pour tétraplégique du muscle" bref, on élargit la recherche. Et là, c'est pire  ! Jusque là, la Carmen elle nous faisait un peu rêver en vous faisant croire que madame tout le monde pouvait se transformer en meneuse de revue dans son salon meublé chez ikkea. Mais là, on tombe carrément sur le professeur de gym, pas du tout concerné par la spiritualité et qui "entreprend" madame tout le monde sur le dos du steppeur. Question tranquillité c'est pas encore ça, d'une part parce qu'ils vont vous retourner le salon et d'autre part parce que leur voix vont couvrir le son de la télé. 
 

A partir de maintenant, sachez qu'il va falloir payer de votre personne. Je sais, cela aussi c'est contre nature, mais il faut savoir être fort et faire des sacrifices pour que la dinde qui vous sert de maîtresse continue d'aller faire les courses et de payer l'abonnement de la free box. Bref, je sais que mes propos risquent d'en choquer plus d'un et même de provoquer quelques évanouissements, mais je fais ça pour votre bien.

Prononçons donc l'imprononçable : il faut être gentils avec elle et lui montrer que vous l'aimez telle qu'elle est, c'est-à-dire avec ses grosses fesses bosselées. Pas de panique, je vous dis comment faire et vous verrez qu'on peut survivre quand même après avoir été un gentil chat. Un soir qu'elle est particulièrement effondrée sur votre…sur son canapé, son pot de yaourt 0% dans la main gauche et votre… sa zapette dans la main droite, approchez-vous lentement et sautez délicatement à côté. Attention  ! La manœuvre est délicate parce que si vous conservez votre regard de tueur, elle va s'imaginer que vous voulez l'égorgez et donc elle risque de réaliser que vous n'êtes pas de son côté. Baissez donc les oreilles, ça donne l'air débile et les humains adorent quand les animaux ont l'air débiles. Ronronnez fort, la plupart des humains pensent qu'on ronronne quand on est content, on ne va pas leur dire qu'on ronronne aussi en cas de violentes douleurs… Maintenant, et c'est le plus difficile, effondrez-vous sur elle et frottez-vous à elle en ayant l'air affectueux, bref ne vomissez pas sur elle. Répétez l'opération plusieurs soirs de suite, je sais c'est dur, mais le fait est que c'est relativement efficace puisqu'elle finira peut-être pas lâcher un "pfff m'en fiche de pas avoir le corps d'une gamine de 12 ans avec les seins d'une star du X à près de 30 ans, parce que toi au moins tu m'aimes  ! ! !".
 Voilà, après ça, virez-là de votre canapé et regardez la nouvelle saison de Desperate housewives  !

Le chat · 167 vues · 4 commentaires
Catégories: les pensées du chat
21 Jan 2008 


A tous ceux qui ont un jour eu à subir un hurlement de son maître(esse) traduisant un : "naaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan, mais pourquoi ils ne font plus le SA Saint LE en white skin disponible en option part ou en full set  ! ! ! ! ! ! ! ! Je suis maudite, j'ai plus qu'à me rabattre sur un tanned en full choice Volks" totalement incompréhensible pour le commun des mortels et des chats, je dédis cette pensée.
 

Ah je vois que des pupilles dorées se dilatent soudain chez certains d'entre
vous qui réalisent alors que lorsqu'ils entendent un autre " mince ! !  Où ai-je mis mes yeux 16 mm de chez Soom  ?", ce n'est peut-être pas qu'un des symptômes d'une crise de delirium aigu de son maître et, qu'éventuellement, il y aurait peut-être du sens à ce non sens objectif.
 
Et bien la réponse est oui  ! Il y a du sens… Enfin un certain sens qui permet de comprendre les codes et la signification d'un langage étrange, limite extra-terrestre, enfin en tout cas extra-le commun des mortels. 


Tout d'abord, commençons par le commencement, une BJD c'est quoi à part un énième sigle incompréhensible comme un code de mission du FBI (autre sigle incompréhensible même par les initiés) ? Une BJD, c'est une ball jointed doll. Là, j'entends déjà vos petits feulements dubitatifs qui sous-entendent que j'ai l'air de vous prendre pour des imbéciles, alors que ceux qui me connaissent savent qu'il n'y a que les humains que je prends pour des imbéciles. Derrière cette expression ronflante et absconse (mot à replacer dans une conversation mondaine, ça vous vaudra 1000 points) se cache une réalité toute banale  : une BJD, c'est en fait une poupée de collection faite en résine, dont le système d'attache et de maintien réside en un élastique qui parcoure le corps de la poupée et qui fait jouer ses articulations sphériques pour la faire asseoir, coucher ou se mettre debout (elle ne marche pas encore, excepté si la poupée en question est possédée par un démon, sujet que nous aborderons une prochaine fois). Comme je sens que tout ceci est au moins aussi clair pour vous qu'un essai de Nietsche, lu un lendemain de jour de l'an (voir pensée 6), voici une petite photo  :

 
 

Bref, vous l'aurez compris, une BJD c'est donc une poupée dont la taille peut varier de quelques centimètres à près de 80, plus grand, ça s'appelle un enfant mais c'est beaucoup moins "jouable" et il paraît que c'est encore très mal vu d'essayer de le revendre. Là où la chose se complique ou devient intéressante, tout dépend de quel point de vue on se place, c'est que le propriétaire peut adapter la poupée à tous ses goûts, autrement dit dans le milieu, il peut "customiser" sa BJD à volonté comme une sorte de tunning de poupée (les jantes en aluminium chromé et la musique techno en moins). Le propriétaire dispose, à cet effet, de nombreuses boutiques qui lui permettent d'acheter des accessoires de poupées, tels que  : vêtements et chaussures. Mais au-delà, il peut aussi lui changer la couleur des yeux, ainsi que la forme des cheveux (ce que vous ne pouvez pas faire avec un enfant, si vous ne disposez pas d'un diplôme légal de chirurgien plasticien). Tout est absolument interchangeable, puisque tout se démonte, comme une sorte d'énorme légaux en résine et toxique, oui parce que la résine c'est toxique.  

Il faut savoir que ces poupées ont vu le jour au Japon (source intarissable de "pensées" pour moi) il y a quelques années. Depuis environs deux ans, le phénomène est en pleine expansion et on voit apparaître de plus en plus de boutiques spécialisées, d'abord en Corée et, à présent aussi, en Chine. Le nombre de propriétaires, au départ limité, (par exemple deux pour la ville de Lyon en 2005, contre une bonne trentaine à présent) a littéralement explosé sous le phénomène du bouches à oreilles et de forums. Il s'ensuit un mouvement continue d'achats et de ventes de l'Asie vers le reste du monde, mais aussi au sein de chaque forum dédié à ces poupées qu'on retrouve en France, aux Etats-Unis, au Japon, au Portugal etc…
 

Parce que le but ultime des propriétaires de BJD, comme des propriétaires de tupperware, c'est la communauté ; le fait de montrer ses créations de résine, de les prendre en photos ou d'écrire l'histoire des personnages qu'elles incarnent. Et là, c'est le début de la fin, mes amis félidés, parce qu'attendez-vous à voir débarquer sur votre territoire et, de plus en plus fréquemment, toute une bande de ces joyeux addict de la résine qui vont investir votre salon et squatter là toute l'après-midi, voire toute la soirée. Or la présence, c'est une chose, mais il faut savoir que lorsque ces collectionneurs se déplacent, ça brasse de la matière ! Imaginez une sorte de grand sac qu'on pourrait utiliser pour ranger des clubs de golf ou un AK40 duquel on sort une, deux, voire parfois trois de ces poupées et multipliez donc ces mêmes poupées par dix à quinze convives…Vous aurez alors une idée de l'ampleur du phénomène. Je ne saurai trop vous conseiller de quitter la pièce, voire la ville, pendant le meeting parce que si vos moustaches ont le malheur de s'approcher de trop près d'un bout de résine ou de cuir des bottes des poupées, alors on vous tombe dessus en vous hurlant de bien vouloir réaliser que ce sont des pièces uniques et d'une valeur inestimable. Mais nos quenottes aussi sont des pièces uniques et d'une valeur inestimable  ! Il faudrait voir à ce qu'ils ne l'oublient pas, tous nos "maîtres"…
 

La seule bonne nouvelle dans ce déménagement est que ces réunions donnent souvent lieu à des goûters et le fait est qu'il est de coutume de venir avec sa BJD ainsi que de la nourriture, un peu comme si les deux étaient nécessairement liés. La résine aurait-elle des vertus gastronomiques que nous ignorerions  ? J'en doute, d'une part parce que les chats n'ignorent jamais rien et ensuite, parce que la résine c'est toxique (tachez de le rappeler souvent, si vous avez un collectionneur de BJD dans votre sillage, parfois il a tendance à l'oublier et je rappelle encore qu'un maître intoxiqué est un maître qui ne va pas faire les courses…).
 

Il faut savoir enfin que le collectionneur de BJD a une âme sensible et particulièrement prédisposée aux crises de nerfs et au fracassage (du verbe fracasser donc…) de susceptibilité. Tachez donc de marcher sur des œufs avec lui quand il aura hurlé toute la soirée "mais quel est le con qui a sorti ce modèle en LE, exclusivement vendu sur le marché asiatique, comme si la terre était uniquement chinoise, coréenne ou japonaise  ! ! ! On a AUSSI le droit d'être européen  !". Ce ne sera alors peut-être pas le moment d'aborder la question du changement du rideau de douche que vous avez précédemment lacéré (cf  ; voir pensée n°7). Tachez enfin d'avoir l'air compatissant (pour ceux qui ont encore du mal avec cette notion contre nature, penchez la tête sur le côté, dilatez vos pupilles et émettez une sorte de sifflement léger…ça passera pour de la compassion…mais n'oubliez pas de rentrer les griffes dans le même temps),  lorsque vous entendrez votre maître rejouer une scène de Shakespeare en apprenant que le fiancé de sa BJD est allé forniquer ailleurs avec une autre BJD. Oui, la résine a aussi une vie sexuelle insoupçonnée qui fera l'objet d'une autre pensée. On ne plaisante pas avec les liens sacrés de la résine, mes frères et sœurs à poils et à griffes  !
 

Inutile par conséquent de vous jeter sur le site des pages jaunes (illisible depuis qu'ils l'ont refait puisqu'il vous trouve systématiquement un restaurant végétarien quand vous avez demandé une adresse de vétérinaire) afin de trouver les coordonnées d'un thérapeute (vous tomberez sur le numéro d'allô pizza de toute façon) afin d'exorciser votre maître. Tout est normal et presque sous contrôle  ! Car en réalité, ce n'est pas le morceau de résine qui a une vie sociale, sentimentale et sexuelle, c'est le personnage qu'il incarne et dont il n'est que le support et la traduction esthétique et iconographique. Je vois que cela ne s'arrange pas dans le fond de vos pupilles dilatées d'incompréhension. Je m'explique donc… La plupart des propriétaires de BJD viennent du vivier si foisonnant du milieu de la bande dessinée et de la génération à présent presque trentenaire (mais qui a du mal à l'assumer) des mangas importés et du fameux club Dorothée. Ces purs produits de la culture mangatisée des années quatre vingt ont sévi dans des salons dédiés à cette imagerie et ont pu parfois même en faire finalement leur métier lorsque le talent était au rendez-vous. L'imagination, ainsi sans cesse nourrie d'icônes créées, en est venue à se concrétiser sur ces nouveaux objets élégants et parfaitement adaptables aux goûts esthétiques des propriétaires. Rien alors d'étonnant que ces poupées deviennent la traduction d'un univers pensé qui traduit un art multiple. Et c'est bien de cela dont il s'agit au bout du compte : transformer un objet sommes toutes banal puisque la poupée suit l'être humain depuis des siècles, en un support artistique nouveau, une sorte de supplément d'âme. Mais là où la pente peut être rude, voire carrément boueuse, c'est lorsque l'objet devient un supplément de vie et lorsque le fantasme au lieu de sublimer la réalité pour en faire quelque chose de plus fort et de meilleur, devient un unique substitut au vide d'une existence non assumée. Quand la résine devient l'oxygène d'une vie, au lieu d'en être tout simplement que le sucre ou le sel, alors nous pouvons assister à de vrais drames où les histoires prennent le pas sur la réalité et où votre maître se retrouve avec des menaces de mort sur son répondeur téléphonique pour avoir dit publiquement que sa poupée était tombée sous le charme d'une autre, bien qu'elle était préalablement engagée (tout le monde suit  ? Non ? Et bien relisez à miaulement haut et sans feuler merci  !). 

 
Dans ces cas-là, j'aimerai pouvoir vous dire que j'ai une solution au problème, sans doute parce que j'ai pour ainsi dire toujours une solution au problème, mais le fait est que là, non. A part effectivement vous remettre en quête du numéro de téléphone du thérapeute qui trouvera fort intéressante cette notion de transfert émotionnel sur une icône de résine et qui lui permettra à coup sûr de payer l'agrandissement de son pavillon de chasse grâce aux tarifs pratiqués lors des multiples séances, il y a peu de choses à faire.  

Alors prenez au sérieux les cris de lamentation trahie et blessée de celui qui a enfin compris que les croquettes c'est nul comme alimentation journalière et comprenez le désarroi dans lequel est plongé le "cocu" par procuration. Je proposerai, si j'osais, de glisser subrepticement une arme dans la main de la BJD trahie, parce que quitte à prêter à ces icônes de résine une belle âme, autant qu'elles fassent la guerre autant que l'amour … Parlez-en à Chuky, il ne dirait pas le contraire  !
 

Amis félins gardez en mémoire notre prière à présent sacrée " Un maître déprimé est un maître qui potentiellement peut ne pas aller faire les courses  !"

Le chat · 316 vues · 13 commentaires
Catégories: les pensées du chat
15 Jan 2008 


En ce jour venteux et pluvieux où aucun chat ne voudrait mettre la truffe dehors parce qu’il sait bien que l’eau, c’est le Mal, vous assistez à une vraie catastrophe : l’assiette dans laquelle vous prenez votre petite collation du matin est vide ! La fin du monde aurait-elle été annoncée et vous n’auriez point été mis au courant, quand bien même vous surfez sur LCI pour suivre les cotations en bourse de vos actions dans l’agroalimentaire pour bébé ? Les extra-terrestres en auraient-ils enfin eu assez de l’imagerie simpliste qu’on leur prête dans le septième art et auraient-il décidé de frapper un grand coup sur un autre continent que les Etats-Unis où ils s’acharnent, semble-t-il, depuis les années 50 ? Bref, le monde aurait-il cessé de tourner sur lui-même pour expliquer que votre écuelle est vide au lieu d’être normalement pleine, comme tous les matins que l’univers fait ?! 
 

Pas de panique, il faut savoir se souvenir qu’un chat, contrairement aux Humains, est toujours rationnel et pondéré. Dirigez-vous donc lentement vers le couloir et faites-vous les griffes sur la tapisserie, ça aide toujours à réfléchir. Or voilà que vous vous apercevez que les chaussures de votre maîtresse sont toujours là, pire, sa carte de bus aussi. Ne vous laissez pas submerger par la colère, certes légitime, qui vous fait feuler entre vos moustaches que si cette grosse feignasse est encore ratatinée sous les couvertures, elle aurait bien pu vous donner à manger au lieu de risquer que vous tombiez en hypoglycémie dès 9 heures du matin, mais agissez plutôt !
 

Sans doute à présent, vous vous souvenez qu’hier soir elle n’était pas tout à fait dans son assiette, en tout cas un peu moins que d’habitude. Vous avez d’abord cru qu’elle vous faisait une blague (les humains sont blagueurs, ça ne fait rire qu’eux mais ils sont si susceptibles quant à leur humour qu’on ne leur dit jamais…) en prenant ce drôle d’accent bizarre qui consiste à remplacer tous les « m » de ses mots par des « b » comme : «  bon petit abour de chat que j’aibe, je vais be coucher … ». Vous avez ensuite cru que la surconsommation de mouchoirs qu’elle s’est mise à semer dans tout l’appartement était une sorte de coutume tribale du centre Afrique pour signifier le renouveau de la sève des arbres et la virilité des castors en Indonésie. Vous avez même imaginé qu’elle se mettait à renouer avec ses sources primitives en imitant le souffle du chacal agonisant lorsqu’elle respire (ou bien qu’elle rejoue une scène avec Dark Vador, au choix). Mais, non, si ça se trouve elle était …malade. 
 

Non ne paniquez pas, amis chats, même malade elle peut vous donner à manger et faire les courses, rien n’est encore perdu ! La première chose à faire, c’est de la faire sortir du lit. Quand on est malade, il vaut mieux être debout que couché (c’est écrit dans je ne sais plus quel manuel de médecine pour chat…). Hurlez donc à la mort derrière sa porte de chambre, c’est un fait scientifique, elle va finir par craquer et par ouvrir.
 Et là…c’est le drame… La créature qui vous ouvre n’a absolument plus rien d’humain ! C’est une sorte de masse informe et hirsute, les yeux pochés comme Rocky après le second round contre mister T, le nez déformé et rouge et marchant comme les infirmières dans Silent hill. C’est à ce moment que tout s’éclaire !  

Les microbes ça se reproduit dans l’organisme …
 
Et les microbes, ça a même une vie sexuelle débordante parce qu’en une nuit, ils sont passés d’une immigration clandestine et discrète à une revendication territoriale, voire nationale. On se retrouve avec un problème de révolution rouge avant même d’avoir eu le temps d’éternuer. Oui, parce que le microbe non seulement c’est un vrai pervers sexuel qui copule toute la nuit avec ses congénères, mais en plus il ne se protège pas et donc il fait des bébés qui, eux-mêmes, atteignent la majorité sexuelle très vite, copulent à leur tour et font des bébés et ainsi de suite, transformant votre maîtresse en lupanar géant.  

Or comme je ne dirais jamais assez qu’un maître mort est un maître qui ne va pas faire les courses, il n’y  plus une minute à perdre, il faut envoyer la loque, enfin votre maîtresse, chez le médecin pour exorciser son organisme de la partouze géante qu’ont organisé la minorité ethnique des microbes, en passe de renverser le gouvernement du cerveau de votre propriétaire. 
 

Allez courage !! Luttons contre la débauche et la luxure des microbes !!! Un peu de morale dans la maladie que diable !!!


Le chat · 222 vues · 10 commentaires
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