Si la question se pose, c’est parce qu’il n’y a rien de pire que de se sentir évalué, jugé pesé et condamné sans avoir la possibilité d’opposer une défense comme dans tout procès hors période révolutionnaire (c’est-à-dire qu’avec une guillotine sur la place publique, on est beaucoup moins respectueux des droits). La personne qui explose et vous traite de tous les noms d’oiseau (expression humaine bien étrange, dans la mesure où le mot « mésange » par exemple n’est pas franchement l’insulte la plus violente) parce qu’elle a eu une sale journée ou parce qu’elle est jalouse, malheureuse ou, pire parce qu’elle s’imagine que vous l’avez trahie, se sert de vous pour déverser son venin. Alors elle se vide, vomissant des horreurs pas toujours très cohérentes, se drapant dans des grands mots tels que « amour, amitié, trahison », sans se préoccuper trop de leur sens. On se croirait au milieu d’une scène d’une mauvaise pièce de théâtre, dans laquelle l’acteur jette à la figure du spectateur des tirades vides de sens du genre de « je croyais que tu étais mon amie ! Je me suis trompée ! Je ne veux plus t’entendre ni te parler ! ». Comme si elle nous laissait la possibilité d’en placer une ! La tempête la grise, elle se déverse contre vous et se déchaîne. Au fur et à mesure que les hématomes apparaissent sur votre cœur, sa bile se tarit et elle respire, à présent soulagée d’avoir rétabli sa vérité. Elle a dit ce qu’elle avait à dire, elle existe à cet instant, elle se justifie. Comme elle parait grandie ainsi, elle qui n’a pas eu peur de vous hurler dessus ses plus horribles reproches ! Peu importe à la fin, ce qui compte, c’est qu’elle puisse se repaître de l’idée qu’elle se fait de la franchise.
Foutaises que tout ceci ! Ce n’est ni plus ni moins qu’un plaisir en solo, une sorte de masturbation intellectuelle qui consiste à utiliser un support pour déverser sa rage et sa frustration, sous couvert d’une pseudo mise au point. Mais que vous soyez, vous, la victime ou bien un ficus, ce serait la même chose. Car ce n’est pas réellement vous qu’elle condamne et exécute de sa lourde et hystérique sentence, vous n’êtes que le prétexte et non le but.
Et après que se passe-t-il ? Quand la déflagration a eu lieu et que la salve de balles vous a atteint ? C’est comme un coup au ventre, le sang descend dans les organes avec la rapidité d’un jumbo jet sans pilote aux commandes. Vous troquez votre joli teint de pêche (merci Lancôme) pour un teint de cadavre en décomposition (merci resident evil). Mais après l’abattement, vient la révolte. Parce qu’après tout, le pétage de plombs vous a condamné sans même que vous ayez eu votre mot à dire ! Depuis quand les gens peuvent-ils s’ériger en tyran et en dictateur sans prendre le risque d’une vraie révolte ? De quel droit leur susceptibilité et leur colère seraient-elles plus importantes que les votres ? C’est là que vous décidez de reprendre le crachoir sanglant et que vous vous défendez, à juste titre, puisque les coups de colère et les explosions d’humeur sont rarement rationnels.
Or, ça change tout car notre agresseur se rend tout à coup compte que la chose chiffonnée, sur laquelle il vient de tirer, est une personne avec un cœur et des sentiments. Et là, c’est beaucoup moins facile de tirer à vue sur un être humain, c’était bien plus simple quand on avait l’impression de s’adresser à un ficus. Voici donc l’arroseur qui se trouve arrosé. C’est à ce moment que la plupart réalisent qu’ils ont peut-être dépassé les bornes, qu’ils ont peut-être été un peu vite en jugement et que la sentence a peut-être été exécutée avec une légère pointe de violence en trop. Mais l’émotion est a vif, parce qu’en attendant, c’est votre cœur qu’on a mis en pièces sans trop s’inquiéter de la taille des morceaux.
En général, c’est le moment où tombent les premières excuses ou, tout au moins, que la personne qui vient de vous traiter de tous les noms fait marche arrière et se radoucit. Elle balbutie des « je ne sais pas …je ne sais plus où j’en suis… mets-toi à ma place … j’avais des raisons d’être en colère … ». Si on a un peu de chance, on a le droit à de pseudo excuses noyées dans de pathétiques circonstances mises en avant pour se dédouaner. Si on a moins de chance, la personne cesse de hurler, vous écoute enfin vous défendre et fait comme si la crise n’avait ensuite jamais eu lieu entre vous. Elle vous englue dans une gentillesse post apocalyptique, comme si cette mièvrerie soudaine allait anesthésier votre douleur et votre tristesse.
Car le nœud du problème, c’est bien ça : peut-on pardonner aussi facilement ce genre de débordement agressif ? Doit-on toujours tout encaisser, sous le prétexte que l’autre a eu besoin de péter les plombs à un moment et vous en a mis plein la figure ? Ou bien le peut-on tout simplement ? Personnellement et, sans doute parce que les chats sont incroyablement rancuniers, je pense que débordement ou pas, pétage de plombs ou pas, il y a des mots qui font autant de mal qu’un coup de poignard. La blessure, si elle avait été faite par ce genre d’arme, laisserait des traces, une cicatrice, alors pourquoi devrait-on oublier des mots ? Ce n’est pas parce qu’on fait semblant qu’il n’y a pas eu d’altercation, que cela implique qu’il n’y a jamais eu d’altercation.
Alors je fais l’éloge de la rancune et, au risque de choquer certains philosophes qui parleraient de rédemption de l’âme et de sérénité, moi je dis que chaque coup qu’on donne a une répercussion et que chacun d’entre nous a son seuil de tolérance concernant l’encaissement des coups. On a beau faire des sourires et s’excuser, il n’existe pas de remède miracle pour effacer la tristesse et la douleur.
A tous ceux qui pensent que des excuses suffisent toujours, à tous ceux qui se disent qu’en faisant comme si de rien n’était, le temps allait tout effacer, je feule qu’ils rêvent et que le cœur n’a pas la mémoire d’un poisson rouge !
Et à tous ceux qui culpabilisent parce qu’ils n’arrivent pas à pardonner, malgré toute leur humanité et leur bonne volonté, je dis qu’ils peuvent se regarder dans la glace et en se concentrant un peu, alors ils verront sur leur poitrine les traces des coups portés. Un blessé ne culpabilise pas d’avoir mal, alors ne culpabilisez pas de penser vos plaies avec l’âme qui est la votre !
ROLEX 116710 GMT
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05/02/2010 @ 22:14:09
par rolex replica
Bon je débarque après la bataille ...
27/01/2010 @ 14:57:31
par Lweeling
Très chère Cycy, Je vais tâcher ...
16/01/2010 @ 09:33:17
par Laurent
Mais alors ça signifierait que Barbamama ...
14/01/2010 @ 13:28:50
par Bibi
1...2....3 test de post (je hais ...
12/01/2010 @ 21:40:17
par Le chat